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RUMBAS : Evaluation des pratiques
Problématique :
A cours terme, l 'évaluation des pratiques s 'imposera vraisemblablement aux médecins. Plusieurs raisons peuvent être avancées :
La population a pris conscience de l 'existence de dysfonctionnements ou de défaut de qualité au sein du système de soins (infections iatrogènes.). Cette prise de conscience se traduit par une « demande » d 'information sur la performance de l 'offre des soins (classement des hôpitaux, méthode d 'évaluation de son médecin de famille.) et sur une pression forte, à la fois politique et pénale, exercée sur les pouvoirs publics.
Les médecins subissent une pression médico-légale de plus en plus forte. Pour un juge, la question est désormais de savoir si le professionnel mis en cause par un de ces patients a suivi les « normes » de bonne pratique élaborée par la profession (référentiels, conférence de consensus.)...Ou s 'il a tout fait pour s 'assurer de leur mise en ouvre.
Le pouvoir politique supporte une responsabilité pénale et politique devant les dysfonctionnements du système de soins ou les questions de santé publique. En réponse, il tend à imposer aux professionnels des normes de sécurité - qualité de plus en plus strictes (anesthésie, néonatologie.).
Pour autant, la mise en ouvre de l'évaluation des pratiques professionnelles risquent de se heurter à de nombreux écueils :
- risquer la blessure d'amour propre lorsqu'elle renvoie que l'on n'est pas aussi performant qu'on le pensait,
- se voir imposer un cadre normatif à la pratique qui remettrait en cause la personnalisation, fondement de la relation médecin-malade,
- se voir imposer une pensée unique, un idéal (les recommandations cliniques) qui ne tient pas compte de la réalité médicale : gestion de l'incertitude, complexité des situations, désir voire « pression » des patients...
- devoir se justifier vis à vis d'un tiers (même s'il s'agit d'un pair)
- introduire une démarche stérile : Il ne suffit pas de dire ce qui se passe pour mieux faire
- risquer des sanctions
L'évaluation ne peut donc être acceptable que dans la mesure où :
- Elle entre dans une démarche qualité véritablement valorisante
- Elle laisse une part à la créativité et à l'adaptation au cas par cas.
- Elle apporte un véritable outillage d'aide à la décision
- Elle ne s'exerce pas dans un rapport hiérarchique
- Elle permet de partager le gisement de savoirs et de savoirs-faire de la profession
- Elle s'inscrit dans une simple obligation de moyen
Autrement dit, la nécessaire évaluation des pratiques médicales doit permettre aux médecins de dépasser le constat des écarts entre leurs pratiques et des « normes » pour leur donner les moyens d'analyser ces écarts et les stratégies mises en ouvre afin d'utiliser au mieux les recommandations et de participer à leur améliorations.
Il s'en suit un éclairage particulier du cahier des charges de l'URML en ce qui concerne l'évaluation des pratiques.
- Apporter aux médecins les outils méthodologiques nécessaires à l'analyse de leurs pratiques afin qu'ils puissent intégrer cette démarche dans leurs exercices quotidiens sans perte excessive de temps.
- Mettre en ouvre un système d'information qui provoque et soutien cette démarche à travers un recueil simple de quelques données et une gestion de l'information pertinente.
- Etre dans une logique de "recherche-action" c'est-à-dire que les praticiens soient dans une position active de "recherche en situation" avec la responsabilité et la valorisation que cela implique.
Objectifs poursuivis :
Instaurer une méthode d'audit clinique :
- qui réponde aux besoins des médecins dans un souci d'amélioration de leur pratique
- qui soit facilement intégrable à la pratique quotidienne des médecins, sous la forme d'un processus continu.
Méthodologie :
Deux modalités d'échange d'information sont utilisées parallèlement :
Un circuit papier
et surtout, un circuit informatique : site internet RUMBAS
Thèmes testés :
Les chutes, le suivi des mesures hygiéno-diététiques DNID, les tentatives de suicides, les démences, le dépistage des cancers du colon chez les sujets à risque, les demandes abusives des patients, l'arrêt du tabagisme et de l'alcoolisme.
Calendrier :
Démarrage du projet : 2001
Fin de la période de test du dispositif : fin 2001
Mise en oeuvre du dispositif dans la région : 2003-2004
Extension interrégionale : 2004- 2005
Budget prévisionnel :
298 042 FF
L'URML a volontairement renoncé à un financement par le FAQSV de manière à garantir aux médecins libéraux une totale matrise des résultats de ce travail
Source de financement :
URML : 100%
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